OLD TIME GENTLEMEN

Chapitre 5 - AMERIQUE

  La tornade de sable s'était enfin calmée, et heureusement tous les membres de l'équipe d'archéologues avaient pu trouver un abri. Malheureusement, certains membres de la tribu qui accueillait l'expédition avait péri et toutes leurs habitations avaient été détruites. De même que tout le travail des derniers mois que Dorothée espérait pourtant sauvé à tout prix.

  La jeune femme était d'ailleurs en train de se faire morigéner par le chef de la tribu qui, semblait-il, l'accusait elle et ses compagnons d'être la source de leurs malheurs. Pendant ce temps, certains aidaient les habitants à récupérer les débris, les objets personnels ou les cadavres. Il fallait s'occuper de cela au plus vite.

  Au bout de plusieurs longues minutes, Dorothée fut enfin libérée de leurs reproches... avec l'ordre express de partir de leurs terres. Ils retournèrent tous sur le site de fouilles pour aider l'autre groupe d'archéologues et bénévoles à rassembler le matériel. Une grande partie s'était surement envolé avec la tornade bien trop loin pour qu'ils puissent un jour les revoir, donc faire le tour fut rapide.

  Pendant qu'ils s'affairaient à ranger le matériel et rendre les terres en état, Dorothée ne quittait pas des yeux Robin. Elle était certaine de ne pas avoir rêvé ; sa cicatrice habituellement d'une couleur rosée s'était teintée de reflets bleus pendant la tornade. Elle aurait aimé lui en parler et lui demander ce qu'il en était ; mais elle n'avait pas eu le temps et l'occasion ne s'était pas présentée depuis qu'ils étaient sortis de leur cachette.

Alors qu'ils remontaient tous dans leurs voitures – encore miraculeusement fonctionnelles

 

  – Dorothée fit son possible pour monter dans celle que conduisait Robin. Pour y monter seule. Heureusement, à cause des derniers évènements, personne ne remarqua cette configuration qui aurait pu en alarmer plus d'un ; Robin et Dorothée n'étant pas les personnes s'appréciant le plus. Mais là, la jeune femme avait des questions et elle était persuadée que l'archéologue serait en mesure de lui répondre ; et qu'il n'espère pas qu'elle lui laisse le choix.

  - Qu'est-ce que tu veux ? lâcha-t-il une fois qu'ils eurent démarré.

  - Pourquoi tu penses que je veux quelque chose ?

  - Parce qu'il n'y a aucune raison autre que celle-là qui justifie que tu viennes t'asseoir seule dans la même voiture que moi. Ou alors, tu as tellement eu la trouille de mourir que tu te dis qu'il faut vivre sa vie sans penser aux conséquences donc tu m'as choisi pour être le père de tes enfants ? Parce que je suis clairement le mec le plus sexy de cette expédition... Ou alors, tu me prends pour Superman parce que je t'ai sauvé et donc maintenant tu me voues un culte d'adoration...

  - T'as fini ? soupira-t-elle en regardant d'un air méprisant le sourire qui illuminait son visage. Je veux te parler de ta cicatrice.

  - Qu'est-ce que tu lui veux à ma cicatrice ? Je t'ai déjà expliqué d'où elle venait.

  - Ouais, ouais. T'es tombé d'un arbre quand t'étais gamin. Alors, tu vois, j'étais prête à y croire jusqu'à ce qu'elle commence à virer bleue.

  - Virer bleue ? De quoi tu parles ?

 

  Robin prit le rétroviseur intérieur de sa main droite et le bougea pour avoir vu sur la cicatrice, dans son cou. Encore maintenant la large fissure se colorait de bleu aux reflets du soleil. Robin n'en sembla pas plus surpris que cela ; il remit le rétroviseur en place.

  - Et donc ?

  - Et donc ? Ta cicatrice a des reflets extraterrestres et c'est tout ce que tu as à dire ?

  - Extraterrestres ? nargua-t-il en la regardant du coin de l'œil. Y a rien de grave, ne t'en fais pas. C'est juste très, très emmerdant...

  - Je ne m'en fais pas, tiqua Dorothée, croisant ses bras sur sa poitrine. Je suis juste intriguée par la particularité apparemment normale de ta peau à devenir bleue. Elle est comme ça depuis combien de temps ?

 

  Robin ne répondit pas ; ils venaient d'entrer dans la plus grande ville de l'île, où ils résidaient tous. Les petites habitations ne semblaient pas avoir eu vent de la tornade et la vie se déroulait normalement. Cela ne fit qu'augmenter la suspicion de Dorothée qui trouvait toute cette histoire vraiment très étrange.

  Alors qu'elle s'attendait à ce que Robin prenne le chemin de leur hôtel, celui-ci n'entra pas plus en profondeur dans le cœur de la grande ville mais se dirigea vers la sortie nord. Il retournait dans les terres, en direction du mont Terevaka.

 

  - Tu vas où, là ?

  - Ahu A Kivi.

  - Et... pourquoi ? Tu veux faire du tourisme ?

  - Tu veux savoir ce qu'il se passe ou pas ? s'énerva-t-il.

  - Oui mais... c'est quoi le rapport avec les géants de pierres ? Des tas de scientifiques les ont étudiés en long en large et en travers à travers l'Histoire et...

 

  Brusquement, Robin arrêta la Jeep et se gara en travers sur le bas-côté de la route. Il se tourna vers la jeune femme qui le regardait avec des yeux ronds d'interrogation. Il ne semblait pas spécialement énervé mais plutôt... agacé. Par ses questions, très certainement.

 

  - Je sais que tu es intelligente donc je ne vais pas te mentir. Tu vas entendre parler ces prochains jours de l'Apocalypse. Ouais, l'Apocalypse. Alors, non, on va pas tous mourir. Ce qu'il se passe est parfaitement normal. Je t'expliquerais pourquoi je le sais plus tard, ok ? Pour le moment, je dois absolument aller récupérer quelque chose auprès des géants donc... soit tu te tais et je t'emmène, soit je te dépose à l'hôtel où tu pourras paniquer avec les autres ? Tu choisis.

  - Oh... ok, d'accord...

 

  Robin la fixa quelques secondes avant de passer la première vitesse pour reprendre sa route. Le site touristique n'était pas la porte à côté, ils ne seraient pas arrivés avant un certain temps ; mais Dorothée voulait comprendre. Parce que là, elle ne comprenait rien du tout...

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