OLD TIME GENTLEMEN

Chapitre 11 - AMERIQUE

  Une réplique de la secousse envoya Dorothée valser contre la portière d'une voiture basse et d'un jaune criard. La jeune femme étouffa une grossièreté tandis que Robin attrapait son bras pour l'aider à se redresser. Tous les habitants paniquaient ; il n'y avait pas eu tant de dégâts que cela mais les tremblements de terre dans cette partie du globe n'étaient pas monnaie courante. Les plus croyants commençaient déjà à parler de la fin du monde ou de la colère des Dieux.

  Robin et Dorothée aidèrent les quelques locaux qui avaient besoin d'aide immédiate avant d'aller retrouver leurs collègues à leur hôtel. Tandis que Robin ne se formalisait pas de leurs peurs et de leurs questionnements, montant dans sa chambre récupérer des affaires, Dorothée dut se repentir de son absence subite et leur indiqua le déroulement des prochains jours.

  A vrai dire, la jeune femme n'était pas certaine de savoir quoi leur dire. Elle ne comprenait elle-même rien à ce qu'elle avait pu découvrir ou voir ces dernières heures. Malgré tout, elle endossa son rôle d'organisatrice. Après leur avoir promis qu'ils seraient bien payés malgré les intempéries et le travail perdu, elle leur indiqua qu'ils pouvaient faire ce qu'ils souhaitaient désormais et n'étaient plus sous sa tutelle. S'ils voulaient rester, ils le pouvaient, s'ils préféraient rentrer chez eux, sur le continent, ils le pouvaient également. Malheureusement pour elle, cette information eut l'effet inverse de ce qu'elle espérait et ils lui posèrent d'autant plus de questions auxquelles elle n'avait pas de réponse. Mais la large main de Robin l'arracha à leurs demandes ; il l'attrapa par le bras et la fit se retourner vers lui. Il s'était changé et portait sur son épaule un gros sac de voyage.

 

  - Dora. La pierre, s'il te plait, dit-il en tendant la main vers elle.

  - Pardon ?

  - La pierre, s'il te plait. J'en ai besoin.

  - Pourquoi ? Tu vas faire quoi avec ? Et tu vas où au juste ?

  - J'ai pas le temps, Dora. Donne-moi la pierre s'il te plait. J'ai un avion qui décolle dans dix minutes.

 

  A l'entente du mot « avion » toutes les personnes présentes se tournèrent vers le couple et le dévisagèrent avant de fondre sur eux comme un troupeau de prédateurs sur une proie. Une multitude de questions jasèrent sous le regard lassé de Robin ; il ne répondit à aucune, quelqu'un d'autre se permettant de prendre ce parti. Il ne souhaitait de toute manière pas s'attarder ici. Il avait bien un avion qui décollait dans dix minutes et il ne devait pas le rater.

  L'archéologue attrapa le poignet de Dorothée et la tira en dehors de la cohue. Ils se retrouvèrent au pied des escaliers menant à l'étage. Robin tenait sa main tendue vers la jeune femme, attendant qu'elle lui restitue la pierre qu'ils avaient ramassée quelques temps plus tôt. Mais elle n'allait certainement pas la lui rendre aussi facilement.

 

  - Je crois pas, non. Je viens avec toi.

  - Quoi ? Non, non. Tu restes ici ; il y aura moins de problèmes, c'est trop dangereux de retourner sur le continent.

  - Je n'ai pas la moindre idée de ce dont tu parles, et je veux savoir. Donc tu vas nulle part tant que tu m'as pas expliqué.

  - Quoi ?

  - Ou alors, je viens avec toi. Tu choisis.

 

  Robin jeta un œil à la montre décorant son poignet. Il n'avait pas le temps de lui expliquer mais il préférait ne pas l'embarquer avec lui dans cette expédition. D'un autre côté, il ne se voyait pas lui prendre la pierre de force. Cela pouvait l'endommager si elle tombait à terre et il connaissait assez bien Dorothée pour savoir qu'elle ne se laisserait pas faire... et qu'elle avait des notions dans certaines techniques de défense physique.

 

  - Tu m'emmerdes, tu le sais, ça ? capitula Robin, non sans un soupire d'exaspération. Tu as trente secondes pour aller chercher des affaires. Le minimum vital. Quoi que non, tu sais quoi ? T'as pas le temps.

 

  Sans plus de cérémonie, il attrapa son poignet et se dirigea vers la porte de sortie, évitant avec soin de trop s'approcher des autres pensionnaires de l'auberge. Ils montèrent tous deux en voiture et Robin démarra. Il prit la direction de l'aéroport international à toute vitesse. Cet avion ne devait pas débarquer sans lui.

  La Jeep ne réussit pas à se frayer de chemin parmi la foule monstrueuse de gens qui essayaient d'atteindre le terminus pour attraper un avion. Cela arracha un juron à Robin et Dorothée doutait vraiment de la manière dont ils pourraient quitter la petite île de cette manière. Ils abandonnèrent la voiture au milieu de la foule et tentèrent de se frayer un chemin jusqu'au bâtiment. En vain.

 

  - Laisse tomber, Robin. On n'y arrivera jamais !

 

  Le jeune homme scruta les environs, à la recherche d'une solution. Non seulement cette foule l'empêchait d'atteindre l'avion affrété pour lui mais une telle concentration de gens n'était jamais bon signe. Surtout dans l'état actuel des choses, cela pouvait vite dégénérer.

 

  - Dora, par ici.

 

  Le jeune homme reprit sa marche, slalomant entre les gens ; Dora aperçut rapidement ce qu'il essayait d'atteindre. Quelques mètres plus loin, on pouvait apercevoir les grillages qui délimitaient la piste d'atterrissage. Plusieurs avions internationaux attendaient, garés ; mais plus loin, deux avions privés étaient placés pour le décollage. Robin souhaitait surement en attraper un des deux. Les deux jeunes gens arrivèrent rapidement devant le grillage mais il fallait maintenant trouver un moyen de le traverser. Cela ne sembla pas poser de problème à Robin qui laissa tomber au sol son sac avant de l'ouvrir. Il en sortit une sorte de sécateur de taille imposante.

 

  - Pourquoi tu...

  - Pas de questions, Dora. On verra ça plus tard. Il faut qu'on attrape cet avion.

 

  La jeune femme se tut alors et laissa faire l'archéologue. Il découpa un passage assez grand pour une personne et s'y engouffra ; elle le suivit. Il laissa là son matériel et n'emporta que son sac désormais plus léger. Tous deux passèrent le grillage et coururent à en perdre haleine jusqu'à l'un des jets privés. Sans plus de cérémonies ils montèrent par la porte ouverte et Robin appuya sur l'interrupteur qui la ferma. Ils étaient seuls dans l'habitacle. Une jeune femme passa la tête par la porte du cockpit.

 

  - ¿ Quiènes ?

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