L'HABIT NE FAIT PAS LE PONEY

Chapitre 4 - Gloussage, barbe et poney

PAOLINA.

 

  — Inspecteur Tomlinson, ravie de vous revoir, souris-je à l’homme tout en m’installant sur la chaise à côté de Whiskey.

  — Maître Benedetti… j’ignorais que vous vous déplaciez pour des cas aussi communs.

  — Je suis seule juge des cas qui m’intéressent, inspecteur. Si vous le permettez, je souhaite m’entretenir avec ma cliente. En privée.

  L’inspecteur Cassidy Tomlinson, surnommé dans le métier - enfin surtout par moi - l’homme en noir et blanc, ne manquait pas d’allure avec son costume trois pièces anthracite, sa cravate bleu roi sur sa chemise blanche et le feutre noir qu’il enfonça sur sa tête tout en nous regardant tour à tour, Whiskey et moi.

  Cet homme était né dans la mauvaise époque, il avait l’allure et l’attitude d’un homme des années 30. Ce qui n’était en soi pas une mauvaise chose, le style lui allait plutôt très bien et il n’était pas désagréable de trouver un peu de galanterie parmi les agents de la police de San Francisco. Ils avaient le commentaire sexiste rapide et acéré ; malheureusement pour eux, j’avais la répartie tout aussi rapide - et Aurora m’avait un jour emmené dans un de ses cours de karaté, j’en avais gardé quelques prises. Je n’avais pas encore eu l’occasion de m’en servir, heureusement. L’inspecteur Tomlinson, lui, était un homme respectueux et bien élevé. Il avait non seulement les manières sociales d’il y a presque cent ans, mais il avait avant tout les réflexes des flics de cet époque : intégrité et instinct. Ayant travaillé avec (et contre lui) à plusieurs reprises, je ne pouvais qu’admirer et respecter cela - et c’était très appréciable de travailler avec une telle personnalité.

  Après un mouvement de tête pour nous saluer, il sortit de la petite pièce grise mal éclairée. Je me tournai vers Asia, croisant les jambes sous ma jupe crayon et posant mon menton dans ma main, accoudée à la table.

 

  — Alors comme ça, t’as rencontré l’adorable Henry ?

  — Tu devrais pas plutôt me demander ce que j’ai foutu pour finir arrêtée ?

  — Meh, je sais ce que t’as fait, lui répondis-je en haussant les épaules. Ton côté maman poule a refait surface avec l’un de tes étudiants, comme d’habitude. J’suis plus intéressée par l’âme soeur de notre Aurora. Il est aussi adorable que ce qu’elle nous a raconté ?

  — Pire que ça ! C’est une crème ; j’ai eu Rauxan par message tout à l’heure, on a décidé de commencer à préparer leur mariage. Tu en es ?

  — Evidemment !

  — Il n’y a plus qu’à prévenir Joey ; je crois qu’elle a déjà un dossier avec des propositions de dessins pour les invitations…

  — On en parlera samedi, on se retrouve toujours chez Roxie avant la “Fête du printemps” ? demandai-je tout en attrapant mon attaché-case pour le déposer sur la table.

  — Oui. Oh, tant que j’y pense, tu pourrais me prêter tes escarpins ? Les noirs avec les roses en velours sur le talon ?

  — Bien sûr… répondis-je tout en ouvrant le dossier concernant l’arrestation de Whiskey, le parcourant des yeux. Alors voyons voir dans quoi Kevin t’a embarqué ce coup-ci…

  — Il est encore au poste ? me demanda Whiskey, une pointe d’anxiété mélangée à de la colère, je dirais, dans la voix.

  — Il t’attendait devant la porte du commissariat quand je suis arrivée. Il avait l’air tellement désolé, il m’a fait de la peine. Je lui ai dit d’aller en cours, mais tu penses… borné comme pas possible. Du coup, il est dans un café pas loin. Je lui ai dit de nous y attendre. Je pense que tu vas avoir des choses à lui dire…

  — Ouais, quelques trucs, ouais…

  — Alors… soupirai-je tout en tournant les pages agrafées. Les agents Tic et Tac ont aperçu une transaction aux allures suspectes… bla, bla, bla… se sont avérés être des comprimés de…

  — Quoi ? s’interrogea Whiskey en me regardant alors que je bloquais complètement sur les mots inscrits dans le rapport.

  — Tu sais si Kevin a une copine ? Ou un copain ?

  — Il me semble pas. Il m’a encore juré son amour éternel la semaine dernière quand on s’est séparé avec Richard. Pourquoi ?

  — Les comprimés qu’il voulait acheter... c’était du viagra.

 

  Whiskey me regardait de ses grands yeux mordorés, une expression indéchiffrable sur le visage. Je lui laissai le temps d’intégrer l’information - moi-même j’avais encore du mal à… la traiter et la comprendre. Qu’est-ce qu’un étudiant de vingt-et-un ans faisait à acheter du viagra sur le marché noir ? Ce n’était pas une drogue illégale, pour commencer. Et qu’est-ce qu’il comptait en faire ? Il n’en avait quand même pas besoin à son âge. Sauf problèmes médicaux, évidemment… mais connaissant un peu l’énergumène via les histoires que Whiskey nous racontait au poney club, c’était vraiment très peu probable. Et si c’était médical, il pouvait avoir une prescription de toute façon.

  Après quelques secondes, elle grommela quelques mots qui ressemblaient à “je vais le tuer” et je souris en coin. Ce n’était pas la première fois qu’un de ses étudiants la mettait dans une situation improbable même si ça n’avait jamais été jusqu’à une arrestation en bonne et due forme comme cette fois-ci. Kevin allait passer un sale quart d’heure. Mais elle lui pardonnerait, et ne le dénoncerait sûrement pas auprès de l’université. Whiskey était comme ça.

 

  — Mais attends. Pourquoi ils me gardent si c’était juste du… du viagra, dit-elle avec une grimace incrédule sur le visage. Et le gamin à qui Kevin achetait était complètement défoncé, il avait pas pris que des petites pilules bleues. Il a même pas essayé de partir quand les flics sont arrivés.

  — Lui, c’est une autre histoire, dis-je en attrapant un autre dossier. Jake Hyde, trente-sept ans, sans domicile fixe… dernière adresse connue, c’est un centre d’hébergement à quelques blocs de la fac… connu pour divers faits… ah oui, quand même.

 

  Depuis que j’avais mon propre bureau au sein du cabinet Hastings & Spencer Associés, j’avais pris l’habitude de parler toute seule et de lire les dépositions à voix haute. J’avais gagné mon office environ huit mois après mon embauche, les bureaux individuels étaient réservés aux meilleurs avocats de la firme (uniquement des hommes jusque là) et j’en avais rapidement fait partie en gagnant un procès particulièrement difficile sur lequel mes collègues s’étaient tous cassé les dents. Cela ne m’avait pas aidée à me faire des amis au sein du cabinet à 99% constitué de mâles, ni auprès des forces de l’ordre d’ailleurs. Mais cela me convenait. On ne faisait pas mon métier pour se faire des amis.

 

  — Hyde a été testé positif à… à peu près tout ce qui peut circuler sur le marché en ce moment. Tu m’étonnes qu’il était pas réactif, il devait être à moitié dans le coma. Ils ont dû l’envoyer à l’hosto apparemment, il était pas en état de parler. Mais alors pourquoi ils te gardent…

 

  Je fourrageai parmi les documents contenus dans le dossier à la recherche d’une explication à la garde à vue prolongée de Whiskey et surtout aux interrogatoires qu’elle avait subi. Je fronçai les sourcils tandis que je trouvai finalement la photocopie d’un document datant de quelques semaines. J’avais le pressentiment que tout cela allait être bien plus compliqué que prévu.

 

  — Ils t’ont interrogé combien de fois ?

  — Mh… quatre, je crois. Enfin, l’inspecteur Tomlinson, c’est ça ? Il allait être le quatrième ; mais j’ai dit ton nom avant qu’il ait le temps. Ça a fait l’effet d’une formule magique… ou d’une malédiction, je saurais pas trop dire.

  — Ouais… ils font pas vraiment partie de mon fanclub par ici. Tomlinson est un bon flic, cela dit. Ils t’ont uniquement demandé de parler d’aujourd’hui ?

  — Oui, j’ai rédigé ma déposition où j’ai raconté ma journée jusqu’à ce que je tombe sur Kevin lors de la première interview. Et les deux autres fois, j’ai répété exactement la même chose. Ils m’ont juste posé d’autres questions sur mon job à la fac…

  — Quel genre de question ? demandai-je, comprenant doucement où ils voulaient en venir avec cette histoire.

  — Si j’avais un lien direct avec tous les étudiants, si j’étais contente de mon job… si j’étais contente de la paye. Ça, c’était bizarre, j’ai pas trop vu le rapport. Ils m’ont demandé aussi si je connaissais un certain… Tennis ? Tony ? Teddy ? Peut-être un étudiant de la fac, apparemment.

  — Tu leur as répondu quoi ?

  — Connais pas.

 

  Je voyais maintenant très bien où voulaient en venir les agents qui avaient interrogé Whiskey. Tomlinson avait certainement mené les interrogatoires de derrière la vitre teintée et avait décidé de prendre les choses en main en voyant que ses hommes n’arrivaient à rien avec elle. En même temps, ils cherchaient quelque chose qui n’était pas là, ils pouvaient toujours essayer…

  Depuis quelques temps, une organisation de dealers prenait de l’ampleur dans les rues de San Francisco et principalement autour de la fac. Elle était dirigée par un certain Theunis dont personne ne savait trop rien si ce n’était qu’il s’agissait d’un homme - peut-être.

  Malgré les patrouilles très présentes dans les quartiers étudiants et les diverses préventions, le groupe était très actif - voire même trop actif. L’hypothèse était que quelqu’un dans la hiérarchie du groupe travaillait au sein de l’université de San Francisco, et que cette personne, au courant des patrouilles et proche des étudiants, aidait à ce que le business fonctionne sans que la police ne s’en approche trop. Ce n’était pas une mauvaise hypothèse, c’était tout à fait possible ; mais ce n’était pas Whiskey.

 

  — Bon ! dis-je en fermant d’un coup sec le dossier avant de le fourrer dans mon attaché-case. Je vais te faire sortir. Bouge pas d’ici, je viendrais te chercher. Ensuite, tu trucides Kevin, on cache son corps, et on va se poser dans un bar. Ca te va ?

  — Parfait, Maître. Je vous attend, répondit-elle en souriant en coin.

 

  Cela faisait quasiment une heure que Whiskey et moi étions assises à la table la plus reculée d’un bar à deux pas de l’université déjà bien trop rempli pour une fin d’après-midi. Elle avait devant elle un deuxième irish coffee - histoire de faire illusion qu’elle ne buvait pas déjà de l’alcool alors qu’il était à peine dix-huit heures (surtout qu’elle pouvait croiser un étudiant de sa connaissance ou même un collègue à n’importe quel moment) ; mais qui pouvait la plaindre après l’après-midi qu’elle avait passé ? Sûrement pas moi. Je m’offrais pour ma part un deuxième verre de vin blanc ; je n’avais pas peur de croiser qui que ce soit… et puis ils pouvaient bien penser ce qu’ils voulaient.

  Après que nous nous soyons attablées, j’avais raconté à Whiskey le pourquoi de son arrestation mais surtout la raison qui les avait poussés à la garder aussi longtemps. Cela lui avait tiré un grognement et n’avait pas arrangé son humeur déjà bien ternie par l’attitude de Kevin - avant et après l’épisode du commissariat.

  L’imbécile attendait bien au café près du poste, mais au lieu de s’excuser platement et de ramper devant Whiskey, il avait tenté de s’expliquer. Très mauvaise idée. Je n’avais pas tout compris, il y était question de vengeance, de soirée étudiante et de Richard, l’ex de Whiskey. Je ne voyais pas trop le rapport entre tout ça, mais cela avait mis en rogne notre habituellement si calme polonaise. Elle n’avait pas explosé de rage ou hurler sur Kevin, non. Elle n'était pas comme ça. Elle était restée calme, mais vibrante quand même de colère, et avait dit très lentement à l’étudiant qu’elle voulait le voir dès le lendemain matin dans son bureau. La seule chose qui permettait de déceler son niveau d’humeur était l’apparition de son accent polonais. Whiskey n’avait jamais d’accent, contrairement à moi. Elle nous avait raconté qu’elle l’avait perdu très tôt dans son enfance parce qu’elle était sujette à des moqueries ; donc si son accent refaisait surface, c’était qu’elle mettait toute son énergie à ne pas tuer la personne en face d’elle - Kevin en l'occurrence.

 

  — Je pense que je vais retourner en Pologne, finit-elle par dire après un temps de réflexion. Démarrer une nouvelle vie. Loin des étudiants, loin de mes mariages foireux… et puis ça rendrait heureuse ma grand-mère. Elle rêve de me voir mariée à un gars du pays, tu sais qu’elle m’envoie des CV de prétendants régulièrement ?

  — Tu vas aller nulle part, Wis. Et je te conseille d’attendre un peu avant de replonger dans le mariage ; on est d’accord pour dire que ça te réussit pas vraiment.

  — Certes… Franchement, j’ai dû être une sacrée garce dans mes vies antérieures pour avoir autant de merde dans celle-ci. Je devrais peut-être voir un chaman… qu’il me purifie ou quelque chose… je suis presque sûre que Aaron a ça dans ses contacts.

  — Ca serait bien son genre… ris-je en imaginant Aaron, le deuxième ex-mari de Whiskey, dans une hutte au décor pseudo-indien enfumée de diverses drogues hallucinogènes. Plus sérieusement, ne t’inquiète pas pour cette histoire avec les flics. J’en fais mon affaire ; et maintenant qu’ils savent que je suis ton avocate, il y a moyen qu’ils te laissent tranquilles. Ils m’aiment vraiment pas beaucoup…

  — Voilà qui me paraît fort improbable, Paolina. Vous avez tout ce qu’il faut pour faire chavirer les coeurs les plus réfractaires…

 

  Ma tête tourna si violemment en direction de la voix qui venait de répondre à ma réplique qu’une légère douleur au niveau des cervicales résonna dans ma colonne vertébrale. Je réprimai une grimace tandis que je posais les yeux sur un visage que je n’avais pas vu depuis deux semaines. Et auquel j’avais essayé de ne pas (trop) penser.

  Deux billes noires me regardaient avec un intérêt non masqué et un sourire en coin étirait de fines lèvres perdues dans une barbe rousse fournie mais soignée. Cazzo ! Il était toujours aussi canon. Je me laissais quelques secondes de choc avant de reprendre mes esprits. Je ne pouvais pas me laisser avoir par cet homme aussi séduisant soit-il. Et puis, de toute façon, qu’est-ce qu’il faisait là ?

 

  — Monsieur Aslan ? lui répondis-je en me redressant.

 

  Je n’osais pas regarder dans la direction d’Asia. Elle savait très bien qui était Wyatt, elle l’avait très certainement reconnu et je ne voulais pas voir son regard. Il allait être au choix : fixé sur Wyatt, parce qu’il fallait le dire, il était difficile de l’ignorer, ou alors fixé sur moi avec une expression incrédule et un sourire difficilement dissimulé. Je connaissais mes amies, et si je devais choisir, je dirais que Whiskey me regardait moi. Et que son cerveau tournait à mille à l’heure. J’espérais au moins que ça lui remonterait un peu le moral.

 

  — Puis-je vous aider ? lui demandai-je, en restant le plus distante possible.

 

  Son sourire s’élargit, ce qui me donna envie de le frapper. Il tourna ensuite son regard vers Asia.

 

  — Enchanté, dit-il en tendant sa main pour qu’elle la lui serre. Wyatt Aslan, je suis une… connaissance de Paolina.

 

  Connaissance. On pouvait dire ça, oui. Et qui lui avait donné l’autorisation de m’appeler par mon prénom ? Nous n’étions clairement pas assez proches pour... Ah oui… c’était ma mère.

  Je regardais finalement Whiskey qui serrait la main de Wyatt tout en contenant son sourire en un rictus poli. Mais je pouvais lire dans son regard qu’elle allait en parler aux filles, et que j’allais en entendre parler pendant un certain temps.

 

  — Asia Wyrzykowski, répondit-elle dans un ton que je connaissais très bien pour l’avoir déjà entendu à l’oeuvre lors de nos rares poney-club à l’extérieur.

  — Wyrzykowski ? répondit Wyatt. C’est polonais, il me semble ?

  — C’est exact, sourit Whiskey (évidemment, il arrivait à dire son nom de famille sans l’écorcher !). Paolina m’a dit que vous étiez libanais ?

  — Absolument… commença-t-il à dire avant qu’un mouvement derrière le bar n’attire son attention. Veuillez m’excuser mesdemoiselles, le devoir m’appelle. Passez une excellente soirée, Asia, Paolina… j’espère que nous nous reverrons bientôt.

 

  Une fois qu’il fut parti, je vidai mon verre encore à moitié plein d’une seule traite. J’en avais besoin. Je regardai ensuite Whiskey qui me scrutait avec un air amusé sur le visage. Bon, au moins, elle avait meilleur moral. Mais c’était moi qui était de mauvaise humeur maintenant.

 

  — Tu crois qu’il est propriétaire du bar ? lui demandai-je. Faut que j’évite de revenir ici à l’avenir… dans le doute. D’ailleurs, toi. Je rêve ou tu le draguais ? T’as pas besoin d’une relation avec un mafieux ; j’te rappelle que je viens de te sortir de garde à vue.

 

  Le sourire de Whiskey s’élargit encore plus, ce qui n’inaugurait rien de bon.

 

  — Première question : il est pas propriétaire du bar. Je connais les gérants de tous les bars du quartier étudiant vu que j’ai dû ramasser des étudiants à moitié morts à de trop nombreuses reprises. Il n’en ai pas. J’m’en souviendrais. Deuxième question : oui, je le draguais. Question sous-entendue : non, je n’ai pas honte et je le draguais dans un but expérimental.

  — Expérimental ?

  — Mon charme et mon aura dont vous faîtes tous tout un foin, là…

  — Oui ? répondis-je en fronçant les sourcils, ne voyant pas où elle voulait en venir - mais voyant très bien de quel charme elle parlait, même si elle ne s’en rendait pas compte, Whiskey attirait vraiment tous les regards sans n’avoir rien à faire, c’était inné.

  — Il n’a eu strictement aucun effet sur ce cher Wyatt. Par contre ! Quand je lui ai appris que tu m’avais parlé de lui, ses yeux ont pétillé.

 

  Je la regardai, stupéfaite. Mais pas dans le bon sens.

 

  — Pétillé ?

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