L'HABIT NE FAIT PAS LE PONEY

Chapitre 3 - Une divorcée d'enfer

ASIA.

  — Je pense que tu travailles trop.

 

  Je posai mon crayon, un peu plus violemment que je ne l’aurais voulu, et regardai Kevin, assis – ou plutôt avachi, comme toujours, dans le fauteuil de gauche, en face de mon bureau.

 

  — Tout ce que je dis, c’est que ça te ferait pas de mal un petit peu de vacances… ? Ou juste un massage… ? Un donut, peut-être ? Je peux aller te chercher une boite à la pâtisserie que t’aimes bien, là… At Dawn, c’est ça ?

  — Kevin… commençai-je le plus calmement possible. Tu veux me faire plaisir ?

  — Oui ; dis-moi ce qui te plairait, j’irais te chercher. Ce que tu–

  — Va en cours !

  — Quoi, nan mais Whiskey ! Vas-y, s’te plait, j’veux juste t’aider, moi !

  Je n’eus pas besoin d’ajouter quoi que ce soit. Mon regard était sûrement assez meurtrier pour faire comprendre à ce cher Kevin que ce n’était pas vraiment le bon jour pour m’embêter avec ses bonnes intentions. Toute la matinée, j’avais enchaîné le retard à cause d’étudiants et de parents venus pour, en grande majorité, se plaindre. Quelle idée j’avais eu d’adopter la politique du « venez comme vous êtes ». C’était pas le McDo, bon sang ! J’allais devoir apprendre à dire non aux personnes qui venaient dans mon bureau sans rendez-vous… Ouais, on y croit ! Comme si j’allais apprendre de mes erreurs…

  — Monsieur McNeil ! tonna une voix grave venant de la porte ouverte de mon bureau. Ne devriez-vous pas être en cours ?

  La silhouette élancée de Kevin se tendit à l’entente du nouveau venu. Il tourna lentement la tête vers la porte et je vis distinctement sa pomme d’Adam monter et descendre alors qu’il déglutissait. Je ne devais pas rire. Je ne devais surtout pas rire. Kevin me regarda à nouveau, une lueur de déception – derrière la terreur – dans ses yeux marrons, puis se leva en mettant son sac sur son épaule. Il disparut à une fraction de seconde.

 

  — J’adore faire ça, sourit le visage séduisant de mon collègue en venant prendre la place laissée libre par Kevin.

  — Faut que t’arrêtes d’effrayer les étudiants, comme ça…  tu vas t’attirer des ennuis, un de ces jours. Enfin, bref. Que puis-je faire pour vous, professeur Davis-Park ?

  — Déjeuner ! Faut que tu sortes de ton bureau ; et surtout faut que tu manges. Je t’ai pas vu dans la salle de repos depuis trois jours. La dernière fois que c’est arrivé, tu venais de divorcer d’Aaron.

  — J’ai pas le temps, James. J’ai plein de dossiers en retard, on n’arrête pas de m’interrompre dans mon travail…

  — T’as eu combien de numéros depuis ce matin ?

 

  Je fixai James du coin de l’œil : il vérifiait sa manucure avec beaucoup d’attention. Mais je n’étais pas dupe. Il savait très bien que depuis que Richard et moi n’étions plus en couple, je devais survivre – oui, survivre – à un assaut de prétendants et de prétendantes de tous horizons. Et autant dire que c’était épuisant. Je n’aurais su dire pourquoi tout le monde semblait vouloir sortir avec moi. Les gens devenaient-ils plus intéressants lorsqu’ils avaient été mariés plusieurs fois ? Ou peut-être était-ce l’effet Richard Kaplan… C’était effectivement un bel homme que la légende décrivait comme un excellent amant. Et en l’occurrence, la légende avait raison.

 

  — Me regardez pas comme ça, mademoiselle Wyrzykowski ! Je sais très bien quel effet tu fais aux gens, à tous les gens. Tous. Ouais, même sur moi. Pour ta gouverne, j’étais prêt à te draguer quand on s’est rencontré, y a six ans. Mais t’étais encore mariée à Tim, et je fais pas dans l’adultère.

  — T’es sérieux, là ?

  — Elijah aussi, tu sais. On en discutait encore l’autre jour… soit dit en passant, on n’est pas contre un plan–

  — Oublie, me dépêchai-je de le couper.

  — Ok, j’ai rien dit ! Bon, aller. Tu poses ton stylo et tu viens déjeuner avec moi.

  — On est jeudi, tu déjeunes pas avec ton cher et tendre ?

  — D’accord, tu déjeunes avec moi et Elijah. Et… hésita-t-il. Et quelques collègues à lui.

 

  Je n’étais déjà pas d’humeur à déjeuner dehors, mais l’idée de passer ne serait-ce qu’une minute en compagnie du département « psychologie » de l’université coupait court à toute envie latente que j’aurais pu ressentir. On aurait pu croire qu’en tant que conseillère-psychologue, je m’intègrerais parfaitement dans un groupe de prof de psycho (entre autres). Pas. Du. Tout. J’avais essayé, j’avais vraiment essayé de discuter avec eux. J’avais usé de mon charme qui semblait si bien fonctionné malgré moi. Mais rien n’y avait fait ; aucun d’eux n’avait pris la peine de me regarder avec autre chose qu’un dédain teinté de scepticisme. Elijah excepté, évidemment.

  J’en avais finalement déduit que la majorité d’entre eux étaient jaloux du fait que, contrairement à moi, ils n’étaient pas vraiment de véritables psychologues. Ils n’étaient que des professeurs, ce qui n’était pas moins important que mon métier, bien au contraire. Mais peut-être que pour eux c’était un problème… C’était aussi l’avis de Joey ; si ma camarade de poney club n’avait aucune formation universitaire d’aucune sorte, son expérience d’auteure lui conférait une connaissance de l’être humain très précise et parfois un peu flippante.

 

  — Je t’en supplie, Asia. Me laisse pas tout seul avec ces grosses têtes. Ils accueillent un collègue à eux, un type venu de Berlin ou de je sais plus où. Je veux pas me retrouver entre Talbot et un vieil allemand dégarni.

  — Qu’est-ce que t’as contre Talbot ? lui demandai-je, fronçant les sourcils.

  — Elle a les mains baladeuses.

  — Hu. Bon, ok. Mais je te préviens, y en a un seul qui me parle de Richard, je lui fais bouffer son menu.

  — Ça va sans dire, répondit James en se levant d’un bond tandis que j’attrapais ma veste.

 

  Il nous fallut presque quinze minutes de tramway pour rejoindre le restaurant ; il se trouvait en dehors du campus. Un choix que je pouvais comprendre. Les réunions de professeurs comme ça, ça ne passait pas inaperçu et les étudiants prenaient un malin plaisir à zoner non loin pour récolter des informations. Quelles informations ? Aucune idée.

  Elijah et ses collègues étaient déjà dans le restaurant – ou comment faire une entrée remarquée. Ils s’étaient installés au fond de la grande pièce sombre, contre un mur. Peu surprenant, ils avaient choisi une obscure brasserie quasiment sans aucune fenêtre et à l’odeur persistante de cigare bon marché. J’allais vraiment passer une super pause déjeuner…

  Elijah fut le premier à nous remarquer. Il vint à notre rencontre, embrassa son époux et me donna une accolade plus appuyée que d’habitude – comme tout le monde depuis que Richard et moi nous étions séparés. Je ne comprenais pas les réactions de mes amis. Que des inconnus me prennent en pitié, pourquoi pas. Ils ne me connaissaient pas. Mais mes amis ? Tous savaient très bien que ma rupture avec Richard se passait très bien ! D’autant plus que c’était moi qui y avais mis fin. Seuls les filles du poney club, Tim (mon premier ex-mari et actuel colocataire malgré lui) et Elena (la femme de mon deuxième ex-mari) ne me traitaient pas comme si j’étais une pauvre petite chose à réconforter. Parce que je n’étais pas une pauvre petite chose à réconforter.

 

  — Professeur Carlisle, je vous présente mon mari, James Davis-Park… entonna Elijah tandis que James se penchait à mon oreille.

  — Oh mon Dieu ! C’est lui le collègue barbant ?! Comment il peut être ennuyeux avec un physique pareil ?

  — Tu fais pas dans l’adultère, je te rappelle, n’eussé-je que le temps de lui chuchoter que le professeur en question se levait de sa place pour s’approcher.

  — Enchanté, Professeur Henry Carlisle. Vous enseignez également ?

  — Je suis professeur d’Histoire de l’Art, sourit James de toutes ses dents. Et voici ma collègue, enfin… presque une collègue. Et plutôt une collègue d’Elijah. Asia Wyrzykowski, conseillère-psychologue à l’université.

 

  James était le seul – à part ma famille, celle restée en Pologne – à être capable de prononcer mon nom de famille sans bafouiller. Ce que je comprenais parfaitement, j’avais un nom de famille à coucher dehors. C’était aussi l’un des rares à ne pas m’appeler par mon surnom : Whiskey – que Tim m’avait donné lorsque nous avions à peine dix-huit ans lors d’une soirée dont, je devais avouer, je ne me souvenais plus.

  Mais bref. Henry Carlisle. Déjà, quand je l’ai vu, j’ai eu l’impression de l’avoir déjà vu quelque part. Son nom n’a fait que confirmer mon impression, mais c’est l’accent anglais (absolument charmant soit dit en passant) qui me donna confirmation. Il me sourit et tendit sa main vers moi.

 

  — L’adorable Henry ! m’exclamai-je en le reconnaissant finalement.

  — Pardon ?

  — Elle est déjà à la recherche de son prochain mari ou quoi ? entendis-je l’un des professeurs chuchoter derrière Henry.

  — J’espère que c’est pas comme ça qu’elle s’y prend…

  — Vous… commençai-je en me penchant sur le côté pour toiser du regard la demi-douzaine de profs. On vous a pas sonné.

  — Asia Wyr… oh ! Whiskey ! Le poney club, c’est ça ? 

  — Bingo ! Ravie d’enfin te rencontrer ! ris-je en serrant finalement sa main toujours tendue vers moi.

  — Moi aussi ! Dawnie m’a beaucoup parlé de ses chères amies un petit peu folles du poney-club, rit-il.

  — Oh, là ! J’ai peur, qu’est-ce qu’elle t’a raconté ? On croirait pas comme ça mais notre… attends, Dawnie ? me moquais-je gentiment de lui.

 

  Son visage vira rouge d’embarras et il passa sa main dans ses cheveux bruns ; sûrement un tic. Les photos que j’avais vu de lui ne lui rendaient pas justice. Il était vraiment canon, et semblait vraiment très gentil. De toute façon, il n’avait pas le choix. Comme Rauxan et moi l’avions planifié, Tim avait bien un ex-copain chirurgien à qui on pourrait demander de l’aide… juste au cas où.

 

  — Vous êtes vraiment trop adorables tous les deux, lui souris-je.

  — Vous vous connaissez ? demanda finalement Elijah, surpris.

  — D’une certaine manière, répondit Henry en se tournant vers lui. Je connais très bien une amie de Whiskey… Je peux t’appeler Whiskey ?

  — Bien sûr ! Asseyons-nous avant que les harpies ne commencent à avoir trop faim. Je voudrais sortir d’ici vivante…

 

  Le déjeuner s’était beaucoup mieux passé que je ne l’aurais pensé. Principalement grâce à la présence d’Henry. J’aurais bien voulu parler plus avec lui, mais je savais qu’Aurora ne voulait pas que sa vie privée soit discutée avec des inconnus dans les parages. Donc je ne pouvais pas trop parler de ça avec les profs de psycho attentifs à tout ce que nous disions. Et encore moins avec Elijah et James dans le coin. Je voyais très bien leurs regards en biais. Ils n’avaient pas cru une seule seconde qu’Henry et moi nous connaissions grâce à une tierce personne. Mais j’avais l’habitude avec eux. Je saurais les recevoir lorsqu’ils viendraient avec leur millier de question.

  Mais ce n’était pas le moment de penser à ces deux fouineurs ; j’avais passé un excellent déjeuner et j’avais rapidement eu Aurora au téléphone pour la prévenir que j’étais au courant de l’arrivée de Henry en ville. Elle m’avait aussi appris qu’ils avaient rendez-vous le soir même, Rauxan était avec elle pour l’aider à se préparer pour ce soir. Elle avait l’air stressée – ils étaient vraiment trop mignons tous les deux.

  Et c’était à ça que j’allais me raccrocher pour la fin de ma journée – ou du moins la fin de ma pause déjeuner. Et pour continuer sur cette bonne lancée, je m’autorisai un petit détour chez Starbucks pour un café. Et une bonne dose de crème fouettée ; parce que je le méritais. Malheureusement… je n’eus pas le temps d’entrer dans le café ; quelque chose attira mon attention. Et je n’étais pas fan du tout de ce que je voyais.

  Kevin, mon étudiant préféré… ou du moins celui que je côtoyais le plus (malgré moi), était en train d’être très mauvais à se procurer discrètement de la drogue dans la petite ruelle juste en face de moi. Normalement, je ne devrais pas m’en occuper. Je n’étais pas dans mon espace de travail, et j’étais techniquement encore en pause… Je n’avais qu’à l’ignorer.

  — Kevin Thomas McNeil ! Qu’est-ce que tu crois être en train de faire, là, exactement ?

  — Whiskey ?!

  Faisant abstraction de l’odeur répugnante qui se dégageait de la ruelle ainsi que de l’allure particulièrement flippante du type avec qui Kevin faisait affaire, je m’avançai vers lui et lui arrachai des mains le petit sachet qu’il portait à la main. Étonnamment, le dealer ne s’enfuit pas en courant.

 

  — Tu m’expliques ce que tu fais ? criai-je contre lui.

  — Whiskey, c’est pas ce que tu crois !

  — Oh oui, vraiment ?

  — Ok, personne ne bouge. Je veux voir vos mains.

 

  Merveilleux. Je tournai la tête vers l’entrée de la ruelle où je me trouvais il y avait encore pas si longtemps. Deux hommes en uniforme avançaient prudemment dans notre direction, une main sur leur revolver. Merveilleux.

  Toujours aussi étrangement, le dealer ne bougea pas. Il devait sûrement être complètement à l’ouest. Ce qui expliquerait le manque cruel de discrétion dans la transaction qui venait de s’effectuer. Kevin, au contraire, se raidit comme un piquet et se tourna vers les policiers, les deux mains très hautes au-dessus de sa tête.

 

  — Monsieur, c’est pas–

  — Kevin, tais-toi.

 

  J’imitai lentement mon très cher étudiant tandis que le dealer ne bougeait toujours pas. La capuche de son sweatshirt sur sa tête dissimulait son visage ; je ne pouvais qu’apercevoir une barbe conséquente, a priori blonde. Il avait la pilosité d’un homme d’âge mûr. Pas d’un ado ou d’un jeune homme comme les autres dealers que j’avais eu l’occasion (désagréable) de rencontrer.

 

  — Messieurs, je pense qu’il y a un mal entendu, commençai-je de ma voix la plus psychologue tandis qu’ils s’avançaient tous les deux.

  — Je ne crois pas, Madame. Mains derrière le dos.

  — Pardon ? Vous nous arrêtez ? Pour quel mo… oh, oui, c’est vrai.

 

  Le premier agent, un jeune à peine plus vieux que mes étudiants, probablement une nouvelle recrue, s’occupait de Kevin – qui m’avait, pour une fois, obéi et qui ne pipait mot. Le second balançait devant mon regard le sachet contenant de petites pilules d’une étrange teinte violette devant mes yeux. Ce même sachet que j’avais dans les mains à peine quelques secondes plus tôt.

 

  — Madame, vous êtes en état d’arrestation pour possession et vente de drogue.

  Génial, parfait. Adieu mon Starbucks surmonté de chantilly, adieu mon après-midi à aider Rauxan et Aurora par messages interposés… J’espérais au moins que leur machine à café fasse un breuvage décent.

  — Madame… Zyrkowski, c’est ça ? demanda l’homme en fermant la salle d’interrogatoire derrière lui.

 

  C’était le quatrième homme différent qui entrait dans cette pièce pour m’interroger. Je n’étais plus menottée, j’avais eu le droit à un café immonde et j’avais pu passer plusieurs coups de fil mais je n’avais ni revu Kevin ni été traitée autrement que comme une dealeuse présumée. Ce que je n’étais pas. Mais ça, ils avaient un peu de mal à le comprendre.

 

  — Wyrzykowski. Deux « y », deux « k » et deux « w ».

  — C’est intéressant comme nom, c’est russe ? demanda-t-il.

  — Polonais, déclarai-je en levant les yeux vers lui.

 

  Il s’était installé en face de moi. Il devait avoir dans les trente-cinq ans, ses cheveux bruns coiffés en arrière commençaient déjà à grisonner au niveau des tempes. Son visage aux traits carrés pouvait le classer dans la catégorie des hommes séduisants ; mais il semblait sortir d’un film des années trente, avec son costume trois pièces – je ne savais même pas que ça se faisait encore autre que pour les mariages – et son chapeau en feutre assorti qu'il avait posé sur la table.

 

  — Dîtes-moi, Asia… je peux vous appeler Asia ? Pourriez-vous me raconter une nouvelle fois ce que vous faisiez dans cette ruelle avec un dealer connu des forces de l’ordre et un jeune homme avec qui vous n’avez aucun lien ?

 

  Je n’aurais pas dit que je n’avais aucun lien avec Kevin. Il se faisait une mission de venir me voir au moins une fois par jour. Mais j’avais évité de le leur dire, ça ; pas sûr que ça soit une information si importante. Et puis ils ne m’avaient de toute façon pas crue lorsque je leur avais énoncé ma profession et le lien qui m’unissait à Kevin – en l’occurrence, mon étudiant.

  Le policier, ou le détective, ou… bref. Il essayait d’être charmant. Il y arrivait, enfin peut-être. J’étais trop énervée pour m’en rendre compte, à vrai dire. Et, bien que je sois quelqu’un de calme et de sensé, j’avais moi aussi des limites à ne pas dépasser. Et cet homme, qui n’avait pas eu la décence de se présenter, allait bientôt s’en rendre compte.

 

  — C’est la quatrième fois que l’on me demande de répéter ce qu’il s’est passé en espérant que je change quelques détails dans ma version afin que vous ayez quelque chose pour m’accuser. Sauf que ça n’arrivera pas. Puisque je ne suis pas la dealeuse que vous aimeriez que je sois. Je vais donc maintenant me taire jusqu’à l’arrivée de mon avocate.

  — Très bien, Asia… Comme vous le souhaitez. Avez-vous besoin d’un avocat commis d’office ou...

  — Je suis représentée par Maître Paolina Benedetti.

  Ce fut subtil, mais je remarquai sans difficulté la tension qui ébranla sa mâchoire. Je retins difficilement un sourire. Paolina, ma camarade du poney-club, était une avocate réputée à San Francisco et toutes les personnes qui avaient pu la croiser dans son travail soit la détestait, soit l’idolâtrait. Et il y avait aussi ce petit pourcentage de personnes qui l’idolâtraient tout en la détestant. Je supposai que l’homme qui se trouvait en face de moi faisait partie de la dernière catégorie. Et ça m’allait très bien.